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Sympathy for Lady Vengeance

6 Janvier 2014, 20:51

(2005, de Park Chan-wook)

(2005, de Park Chan-wook)

Une femme passe treize ans en prison, accusée du meurtre d'un enfant à la place d'un autre homme. Pendant son incarcération, elle s'est acquise une réputation de dame au grand coeur. Mais en secret, elle ourdit une terrible vengeance. Dès sa sortie de prison, elle va chercher à retrouver sa fille, adoptée par une autre famille, et à faire payer le coupable... 

 

Dernier volet d'une trilogie sur la vengeance, ce film vient après le plus célèbre Old Boy. Si ce dernier était un très bon drame, ce troisième opus m'a paru supérieur. On tient l'exemple-type du film coréen où la violence abjecte montrée à l'écran est contrebalancée par une esthétique extrêmement soignée (on peut aussi penser à A bittersweet life). Et dans la violence comme dans la beauté, Lady Vengeance surpasse Old Boy. Chaque plan semble conçu comme une véritable peinture animée, avec des effets de couleurs et de lumières souvent magnifiques.

La fin d'Old Boy montait dans le pathos, tandis que Lady Vengeance se termine par une scène d'une cruauté âpre, filmée de manière extrêmement "sèche". (Il existe d'ailleurs une version du film où l'image vire peu à peu au noir et blanc à mesure qu'on avance). 

Assurément un grand film, mais qui ne sera sûrement pas du goût de tous. 

Sympathy for Lady Vengeance

[/!\ Spoiler sur la fin du film]

En ce qui concerne la violence à proprement parler, ce troisième film va (encore !) plus loin qu'Old Boy :  la scène finale, quand les familles des enfants tués par l'instituteur se réunissent pour le torturer à mort, suscite un mélange de répulsion et d'empathie. Ce qu'ils font est (volontairement) d'une cruauté insoutenable, mais nous trouvons justifiée leur vengeance, de sorte qu'on est amené à partager le soulagement que cela leur procure. Le réalisateur se permet toutefois d'"adoucir" la violence de la scène par une bonne dose d'humour noir (les parents décident posément de l'ordre dans lequel ils iront torturer le coupable, ils se prêtent gentiment des couteaux, des haches... -sachant que l'a victime entend tout !), comme pour introduire de la distance par rapport à ce qui se passe... Le réalisateur pousse d'ailleurs le vice jusqu'à faire donner le coup de grâce par une vieille femme qui a tout de la grande dame très digne. L'effondrement final de l'héroïne montre toutefois que la vengeance n'apporte pas les satisfactions qu'on en attendait. Elle a un effet cathartique mais elle rend aussi monstrueux que le coupable.

L'héroïne, qui passait pour un ange aux yeux de beaucoup, s'est muée en démon, et ne parvient pas vraiment à redevenir une femme ni une mère.

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