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Das Cabinet des Dr. Caligari (Le cabinet du docteur Caligari)

9 Mars 2014, 11:15

(1920, de Robert Wiene)

(1920, de Robert Wiene)

Souvent les films d'horreur anciens ne nous font plus peur. Leurs effets spéciaux sont dépassés. Nous sourions devant ces monstres en carton pâte, ces marionnettes de dinosaures animés par des fils et ces foules en panique devant un décor. Etrangement, l'effet n'est plus le même dès lors que le film est très vieux, comme sorti de la préhistoire du cinéma : il retrouve alors une aura de mystère, qui le rend plus irréel et plus attirant (sinon effrayant).

Le cabinet du docteur Caligari appartient à cette dernière catégorie ; il semble sorti d'un cauchemar très vieux et très tenace. 

L'histoire est celle d'un bateleur de foire, Caligari, qui montre dans son cabinet un somnambule endormi depuis 23 ans, Césare : quand il se réveille, il est capable de voir l'avenir. Le jour où il prédit à un jeune homme qu'il mourra à l'aube, ce dernier est en effet assassiné. Et bientôt, un autre crime suit...

Caligari est considéré comme le premier film fantastique de l'histoire du cinéma, et le premier avec [spoiler] une révélation finale digne de Usual Suspects ! Les décors torturés, tout en lignes obliques et cassées, sont magnifiques. C'est à se demander pourquoi l'idée n'a jamais vraiment été reprise. 

Le cabinet du docteur Caligari nous montre que le cinéma fut dès ses débuts un art du fantastique, tant ces formes sur pellicules, dont nous avons l'illusion qu'elles s'animent, ressemblent à des fantomes - le cinéma comme "lanterne magique" qui révèle des êtres obscurs.

Das Cabinet des Dr. Caligari (Le cabinet du docteur Caligari)

A l'image des décors, la révélation finale est assez tortueuse. [spoiler] L'histoire qui se déroule dans ces décors étranges est en fait une invention du narrateur, qui est un fou dans un asile. Mais quand Caligari se réfugie dans cet asile pour échapper à la police, il s'avère qu'il en est le directeur ! Et tout d'un coup, nous ne sommes plus si certains que cette histoire soit une hallucination. Le doute apparaît d'un coup lors du dernier plan, quand Caligari fixe le spectateur de son regard inquiétant. Le narrateur est-il aliéné, ou victime d'une machination de cet étrange personnage ? Toute la dimension fantastique du film repose sur cette ambiguïté.

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