Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La traversée de Paris

14 Mars 2014, 18:35

(1956, de Claude Autant-Lara)

(1956, de Claude Autant-Lara)

Sous l'Occupation, Martin, livreur du marché noir, se retrouve privé de complice après l'arrestation de ce dernier. Il trouve un autre volontaire au dernier moment, en la personne d'un peintre tonitruant et cynique, Grangil. Les deux hommes vont porter de nuit des valises remplies de cochon à travers la capitale...

 

La traversée de Paris est un film au caractère bien trempé, de par son mélange de réalisme inquiétant et son humour franchement noir. Au centre de l'histoire, il y a bien sûr le suspens sur cette dangereuse livraison, mais surtout une opposition de classe entre les deux héros. Le brave Français incarné par Bourvil se fait toujours avoir, alors que le peintre aisé joué par Gabin, jouisseur et profiteur, appartient à la classe de ceux qui s'en sortiront toujours.

Dans la fameuse scène chez Jambier (De Funès), Grangil obtient 2000 francs de plus en gueulant sans gêne, tandis que le pauvre Martin, quand il essaye d'avoir aussi une rallonge, se fait virer sans ménagement à grands coups de pied au cul... Nous comprenons à la fin du film que l'artiste a beau jeu de dénoncer la lâcheté et l'hypocrisie des Français ordinaires ("Salauds de pauvres !") : [spoileril bénéficie de l'indulgence de l'occupant, tandis que son compagnon d'un soir sera envoyé au STO.

Pour l'un, le marché noir est une question de survie, pour l'autre, ce n'est qu'une virée nocturne pour se moquer du monde. Malgré sa superbe, le peintre ne vaut pas mieux que les autres, il apparaît même comme un privilégié au comportement franchement obscène. [spoiler] Ainsi, à la libération, il prend le train pour partir en vacances, pendant que le pauvre Martin continue, lui,  de porter les valises des autres...

C'est cet humour grinçant qui fait tout le cachet du film.

commentaires

Haut de page