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子連れ狼 (Baby Cart)

22 Avril 2014, 13:10 Samouraïs

(1972, de Kenji Misumi)

(1972, de Kenji Misumi)

Ogami Itto est l'exécuteur officiel du shogun, chargé de décapiter les nobles en révolte contre le pouvoir. Mais le clan Yagyu, jaloux de son privilège, tue sa femme et sa famille pour s'emparer de son poste. Déchu, le samouraï quitte alors la voie de l'honneur pour devenir un assassin mercenaire. Il emmène sur la route son jeune fils Daigoro, dans un chariot à roulettes. Bientôt, il se fait connaître dans le pays comme "le loup solitaire avec son enfant".

 

Les aventures de ce rônin sont racontées dans une série de six films, au cours desquels le héros affronte les différents tueurs envoyés par les Yagyu. Le premier épisode, Le sabre de la vengeance nous raconte sa déchéance. Personnage stoïque, Ogami Itto se voue corps et âme à sa nouvelle condition d'assassin, se considérant désormais comme un démon. Il hésite même au début à tuer son fils d'un an, considérant que la mort vaut mieux pour lui que de suivre son père dans le deshonneur. Son premier contrat d'assassin l'emmène dans un petit village thermal, où il va affronter des bandits aux trognes patibulaires, que Sergio Leone n'aurait pas reniés.

Le deuxième épisode, L'enfant massacre, met davantage en avant le jeune Daigoro. Alors que son père est blessé, il fera tout pour lui apporter de l'eau et de la nourriture. Puis, capturé par les Yagyu, il sera attaché à un puits. Là encore, le "Loup Solitaire" n'hésitera pas à mettre la vie de sa progéniture en danger pour assouvir sa vengeance. 

On le voit, la force, assez perverse, de cette série, est de jouer sur le mélange d'empathie et de répulsion qu'inspire le personnage. En tant que père, il est attentionné envers son fils ; il cache son affection pour lui derrière l'apparence impassible propre au samouraï. Mais à côté de cela, il était prêt à le tuer. Et en tant que bourreau, on le voit au début du premier film décapiter sans état d'âme le jeune enfant d'un seigneur rebelle. Enfin, le réalisateur prend un malin plaisir, au milieu de chaque scène de combat, à nous montrer le regard de l'enfant, qui assiste fasciné à la tuerie perpétrée par son père. 

子連れ狼 (Baby Cart)

Baby Cart est une série B violente et sanglante, où tout est faiit pour mettre en scène des affrontements spectaculaires. Elle est produite par Shintaro Katsu, l'acteur qui joue dans la série des Zatoichi, et qui se trouve être le frère cadet de l'acteur Tomisaburo Wakayama, qui incarne le Loup Solitaire. 

La série se ressent d'un certain manque de moyens, qui fait tout le charme du cinéma de quartier : le son saute parfois, l'image craque, les faux membres sautent joyeusement et la sauce tomate gicle par litres des corps tranchés par le héros... 

Malgré ces défauts techniques, la réalisation ne manque pas d'inventivité ni de talent. Les scènes de duels sont variées, chorégraphiées menées avec une inventivité évidente : au sabre, à la lance ou au poignard, le bondissant Loup Solitaire abat quantité d'ennemis avec une variété de styles qui force l'admiration. Je retiens un plan, digne de Kurosawa, d'un samouraï mourant, agenouillé sur une dune de sable, qui entend le vent dans sa plaie, sifflement de la mort qui arrive.

Si Kurosawa marque l'apogée du film classique de samouraï, Baby Cart est sa déviance baroque, vouée à la surenchère et au grotesque. On est toujours à la limite de l'audace visuelle et du mauvais goût racoleur, entre violence gratuite et trouvailles visuelles originales. 

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