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Pale Rider

6 Mai 2014, 12:18

Après avoir incarné la figure emblématique de la dite "trilogie du dollar" de Sergio Leone, Clint Eastwood a réalisé à son tour plusieurs westerns. Il y prolonge d'une façon personnelle l'oeuvre de son maître, comme pour en reprendre les codes et la dépasser, alors même que Leone semblait avoir clos le genre avec Il était une fois dans l'ouest.

(1985, de Clint Eastwood)

(1985, de Clint Eastwood)

Pale Rider nous emmène dans une petite ville minière, rackettée par des bandits au service du plus gros propriétaire des alentours, qui veut racheter toutes les concessions à bas prix. Surgit alors un cavalier solitaire, au cheval blanc comme la mort. C'est un pasteur mais aussi un tueur endurci, qui va affronter toute toute la clique de tueurs. Détail troublant, son pardessus est déjà percé de plusieurs trous de balles, comme s'il revenait du monde des morts...

 

Avec ce film, Eastwood pousse à l'extrême une certaine image du western à la Leone : celle de l'individu solitaire, quasiment muet, venu distribuer une justice personnelle qui ressemble fort à de la vengeance. Ici, le héros est impénétrable comme un roc, figé dans une posture hiératique presque inhumaine. On en saura peu sur lui, et il repartira avec son mystère. Eastwood nous montre un aboutissement du genre, qui est peut-être aussi une impasse : l'histoire de l'homme seul qui n'a plus de compte à rendre à personne, pas à se justifier devant les hommes, ni plus rien à leur dire : ange de la mort ou réchappé des enfers... Pale Rider est une oeuvre curieuse, "asséchée" au possible, qui ne manque pas d'un certain attrait, bien qu'on frôle souvent la caricature. 

Cette étrangeté ne laisse pas présager la noirceur qui sera celle d'Impitoyable, l'accomplissement du western sombre à la Eastwood.

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