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攻殻機動隊 (Ghost in The Shell)

7 Juin 2014, 12:07 Neon City

(1995, de Mamoru Oshii)

(1995, de Mamoru Oshii)

Dans le Japon du futur, le développement d'un gigantesque réseau informatique a rendu les hommes complèment dépendants de leurs connexions numériques. La brigade anti-terroriste du major Kusanagi est au coeur de ce monde de technologies et de manipulations. Alors qu'ils se lancent sur les traces d'un terroriste du réseau appelé Puppetmaster, ils sont entraînés dans une guerre des polices avec une autre agence de sécurité...

 

En revoyant ce film une dizaine d'années plus tard, je craignais d'être un brin déçu, comme il arrive souvent quand on redécouvre un film vu à l'adolescence. Ce fut tout le contraire. Au deuxième visionnage, il devint évident pour moi que GITS était un quasiment un chef d'oeuvre absolu. L'envoûtant, l'enchantement procuré par chaque scène étaient intacts, et même encore plus forts. 

Le point faible serait peut-être l'intrigue, vraiment très dure à suivre. Quand j'avais 14 ans, je me disais que c'était parce que c'était une oeuvre pour adultes, donc qu'en grandissant je comprendrais mieux. Aujourd'hui, je n'y fais plus vraiment attention, pour me concentrer d'abord sur la mise en scène et les images, toujours aussi somptueux à chaque revisionnage. 

 

La découverte de ce film à l'époque a été pour moi un enchantement. Jusque là, je ne connaissais des mangas que les séries présentées au club Dorothée. Passer d'un coup à Ghost in The Shell fut un saut de la médiocrité au génie. Ces jours-là, la séance de cinéma devient vraiment semblable à la visite d'un lieu extraordinaire, hors du temps. D'un coup, on se sent ridicule d'avoir aimé des dessins animés aussi mauvais, mal animés et primaires que ceux du mercredi sur TF1...

La même année, je jouais à un jeu culte, Syndicate Wars, dans lequel le joueur dirige des assassins au service d'une firme en quête de domination mondiale. Et dans les rues des métropoles à la Blade Runner, les panneaux digitaux affichaient entre autres la bande-annonce de Ghost in The Shell (en alternance avec celle de Judge Dredd !). Une publicité dans un jeu, un procédé inédit à l'époque, mais qui pour le coup se mariait parfaitement avec l'univers ! Cela donnait un cachet incroyable au jeu. 

攻殻機動隊 (Ghost in The Shell)

Récemment, j'ai redécouvert sur Youtube une scène magnifique du film, séquence musicale de trois minutes, où le réalisateur nous fait découvrir sa ville du future, anonyme, pleine de couleurs mais vide d'humanité. L'avion de ligne qui passe au début ressemble à un grand oiseau noir inquiétant. Les reflets des bâtiments dans les eaux grises, pleines de déchets, expriment une profonde mélancolie. Les hommes se distinguent à peine de leurs reflets, de leurs d'ombres ou des mannequins en vitrine. La séquence s'intitule d'ailleurs ghost city, la ville fantôme.

 

Ce sont trois minutes de rêverie sur les paysages urbains, dignes de certains poèmes des Illuminations de Rimbaud où il décrit ces villes modernes à l'architecture fascinante et hallucinatoire. Mais ici, c'est un sentiment de vide et d'inutilité qui l'emporte, avec ces visions d'autoroute, de trottoirs frappés par la pluie et d'habitants perdus dans un décor dont le gigantisme qui les dépasse. Nous contemplons un monde deshumanisé, désespérant, où les images sont éblouissantes mais les gens des anonymes, des ombres, des statues. 

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