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Prince of the City (Le prince de New-York)

2 Janvier 2015, 11:15 Police partout justice nulle part

(1981, de Sidney Lumet)

(1981, de Sidney Lumet)

Un policier de la brigade des narcotiques est approché par un procureur qui veut enquêter sur des accusations de corruptions parmi les "stups". Il commence par refuser, du fait de la solidarité très forte qui règne dans la brigade : jamais un policier ne "balancerait" un de ses partenaires. Mais bientôt, rongé par sa conscience, il accepte de collaborer avec la justice, à condition de n'avoir jamais à dénoncer ses collègues...

 

Prince of the City est en quelque sorte une version longue de Serpico. Presque trois heures au compteur et pourtant, on ne s'ennuie jamais, pris qu'on est dans cette fresque présentée avec maestria par Lumet, dont la réalisation est ici d'une habileté remarquable. Jamais l'intérêt ne faiblit, jamais il n'y a de longueurs, même lorsqu'on suit des intrigues somme toute secondaires (les gardes du corps qui protègent la famille du héros). Et chaque scène peut surprendre par sa qualité, comme lors de ce témoignage d'un policier, en plan-séquence, avec ce très lent zoom sur le personnage, qui en quelques phrases, dit tout de l'hypocrisie du système judiciaire et de la corruption endémique qui règne dans la ville.

La force du film est de nous montrer un univers presque entièrement voué à la corruption, où les héros sont plutôt sales et, paradoxalement, les truands pas tous si antipathiques. En fait, il n'y a pas de "méchants" dans cette histoire. Chaque personnage joue simplement son rôle à son tour et défend ses choix. Chacun a le droit d'exister, comme si à la limite, il n'y avait pas de personnage secondaire qui serait juste comme faire-valoir pour le héros.

 

Et on suit cette vaste galerie de personnages (126 rôles parlants selon IMDb) dans tous les quartiers de New-York -c'est peut-être d'ailleurs la ville qui est le personnage principal du film. Lumet réussit un grand film moral sur les contradictions insolubles entre la conscience, la loi et la fidélité à ses amis. Comme le dit le procureur à la fin, accablé par les malheurs en chaîne qu'il a déclenchés : "Dieu fasse que je n'ai plus jamais à m'occuper de policiers". Un de ces très grands films politiques et sociaux dont sont capables les Américains.

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