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大菩薩峠 The Sword of Doom (Le sabre du mal)

20 Mars 2015, 12:02 Samouraïs

(1966, de Kihachi Okamoto)

(1966, de Kihachi Okamoto)

Un samouraï sans pitié répand la mort autour de lui. Poursuivi pour ses crimes, il doit toujours fuir, obligé de gagner sa vie comme homme de main pour des clans dont la cause, au fond, l'indiffère.

 

Un film de samouraï qui contient beaucoup d'élements classiques dans le genre, à une seule exception : cette fois-ci, le héros est le méchant !

Tout repose ici sur la performance inoubliable de Tatsuya Nakadai, absolument magnétique en psychopathe, irrémédiablement à part des hommes, seul face au vide de son existence. Tragiquement incapable d'aimer, ses seuls vrais rapports avec son épouse [spoiler] ont lieu quand il la viole puis quand il la tue ! C'est du Dostoievskï au Japon ! L'inéluctable descente aux enfers du héros s'achèvera dans un final à la fois dantesque et inattendu.

On peut regretter quelques intrigues secondaires qui n'étaient pas indispensables et qui ne sont pas toujours bien résolues, et surtout, qui sont trop convenues pour être à la hauteur de la trame principale. Car dès que Nakadai est à l'écran, il crève la pellicule, dans des décors proches de l'expressionnisme qui magnifient les tourments de son personnage ! C'est comme si on n'était plus dans le même film. Une photographie magnifique sublime toute la noirceur du personnage, notamment dans la scène finale parmi les cloisons tressées.

Enfin, pour une fois dans un film avec Tatsuya Nakadai et Toshirō Mifune, c'est ce dernier qui tient un rôle secondaire. Mais c'est néanmoins son personnage de vieux senseï qui délivrera la clef du film : "le sabre est l'âme, étudie l'âme et tu connaîtras le sabre. Esprit maléfique, sabre maléfique" !

S'il y a une beauté du mal, proche de la laideur répugnante, elle est à coup sûr présente dans cette oeuvre !

大菩薩峠 The Sword of Doom (Le sabre du mal)

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