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Sunshine

12 Décembre 2015, 11:35

(2007, de Danny Boyle)

(2007, de Danny Boyle)

Dans un avenir proche, le soleil se meurt. Une expédition de la dernière chance part vers notre étoile pour y envoyer une gigantesque bombe nucléaire qui "redémarrera" sa combustion. Alors que le but approche, les incidents se multiplient, mettant en péril la mission et avec elle, la survie de l'humanité.

 

Sunshine est une oeuvre originale, qui nous montre tout le talent de son réalisateur : le rythme de l'histoire est très bon. Il est fluide, ni frénétique ni trop lent. Visuellement, il y a presque une idée par plan, mais l'esthétique n'est pas non plus envahissante, elle est à la fois réaliste et pleine d'imagination. L'alternance de scènes dans les couloirs étroits du vaisseau et des perspectives larges sur la course dans l'espace souligne le côté à la fois précaire et grandiose de cette entreprise. Les personnages sont bien joués, les péripéties sont variées et s'enchaînent bien. On peut toutefois regretter quelques ficelles de scénario un peu trop prévisibles.

Pour citer une fois de plus l'excellent Roger Ebert :

To name the ship "Icarus I" seems like asking for trouble in two ways, considering the fate of the original Icarus and the use of a numeral that ominously leaves room for a sequel. (Trad. : "Donner au vaisseau le nom d'Icare I semble le meilleur moyen d'attirer les ennuis, et de deux façons : tout le monde sait ce qui est arrivé à Icare et le fait de donner un numéro laisse présager qu'il y en aura un second".)

Roger Ebert

On aura aussi droit au moment d'exploration de l'épave où les personnages décident de se séparer... Alors que l'un d'eux dit qu'il serait préférable de rester groupé, un autre lui rétorque : "Tu as peur de quoi ? de te faire attaquer par des aliens ?"

Une reprise au second degré d'un cliché des slasher movies. Et malheureusement, la dernière partie du film [spoiler] est en effet un slasher. J'ai trouvé ce virage décevant : l'intrigue descend d'un coup vers la série B et le film méritait mieux que cela pour finir.

Image du film : Mercure passant devant le soleil.

Image du film : Mercure passant devant le soleil.

/!\ SPOILERS

 

 

Je regrette surtout que Danny Boyle en fasse des tonnes sur les effets "grandioses" (comprendre : kitschs) dans les dernières scènes. Cette esthétique solaire est néanmoins ce qu'il y a de plus original dans le film : elle exprime une certaine adoration, bien plus "païenne" que théiste à mon avis, pour la divinité solaire mourante, source de vie et de mort. Et il y a indéniablement quelque chose d'émouvant dans cet amour total des héros pour notre étoile, qui va jusqu'au désir d'autodestruction, littéralement d'immolation. Ici, l'amour voisine plus ou moins avec la folie : c'est le désir du capitaine de risquer de se brûler les yeux pour être enveloppé de cette lumière maternelle et dévorante ; c'est la folie complète de l'autre capitaine qui se prend pour un pur être de lumière et qui est en réalité un être décharné et un monstre de haine ; c'est enfin le désir de fusion cosmique du héros avec l'astre qu'il doit ranimer. Le premier est un grand contemplatif, le deuxième un fanatique, le troisième un adorateur frénétique.

 

Mais ces différentes formes de vénération sont surtout des obsessions d'hommes placés dans une situation extrême, voués au sacrifice. Danny Boyle a su mettre en scène cette démesure, qui a évidemment une certaine beauté mais il y a mis à mon goût bien trop de pathos. Ce n'est pas aussi assommant que The Fountain mais une fin plus sobre n'aurait pas fait de mal.

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