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[JV] Satellite Reign

par rahsaan 22 Novembre 2015, 10:37 Jeux vidéos Neon City

(2014, de 5 Lives Studios)

(2014, de 5 Lives Studios)

Une métropole du futur, dominée par une méga-corporation, Dracogenic, qui a mis au point la "Res-Tech" (technologie de résurrection), qui permet de transférer l'esprit d'un corps à l'autre. Cette Res-Tech rend donc ses bénéficiaires potentiellement immortels. Elle fait bien sûr des jaloux : une corpo débutante envoie ses quatre agents défier Dracogenic et s'emparer de son précieux secret...

 

Satellite Reign est le successeur spirituel d'un jeu négligé à l'époque mais culte pour ses fans, Syndicate Wars (1996), qui nous entraînait dans un univers cyberpunk très noir, où des agents en trenchcoat affrontaient une secte apocalyptique pour la suprématie mondiale. A l'époque, la vue 3D tournoyante et l'effet de transparence des bâtiments étaient vraiment révolutionnaires ! Et même les écrans géants dans la ville, qui diffusaient les bandes-annonces de Blade Runner ou Judge Dredd ! Et j'oublie sa cinématique d'intro, absolument géniale, même encore aujourd'hui. Et les miniguns, les lasers pulsés, le canon à plasma et pour finir, la satellite rain, le bombardement depuis l'orbite !

Un bon punk est un punk mort.

Un bon punk est un punk mort.

Presque vingt ans après, plusieurs membres de l'équipe d'origine de Syndicate ont réussi à faire financer leur projet grâce à Kickstarter. Je ne regrette pas d'y avoir contribué, car Satellite Reign a tout pour plaire, à commencer par sa ville gigantesque remplie de néons et d'affiches digitales, mélangeant les influences à la Blade Runner ou Ghost in The Shell. Visuellement, c'est l'orgie. Du "red light district" au centre d'affaires en passant par la zone industrielle, la carte est vraiment immense : elle forme un labyrinthe très intelligemment agencé de portes, ponts, rampes, escaliers, coursives etc. dont il faudra tirer le meilleur parti pour pénétrer en territoire ennemi. C'est dans ce décor à la fois glauque et grandiose que les agents vont évoluer : le soldat, le hacker, le tech et l'assassin, grâce à qui le joueur va s'emparer des technologies de la concurrence. Infiltration, piratage, corruption, enlèvement, assassinat : tous les moyens seront bons. [spoiler] Mais la fin montrera ironiquement à quoi mène ce désir fou d'immortalité, achevant de justifier le titre du jeu et le clin d'oeil à la "satellite rain"... 

 

Le point fort du jeu est la grande liberté qu'il offre : les missions peuvent être faites dans n'importe quel ordre, en se téléportant en différents points de la carte. Et il est possible de les réussir avec des méthodes très différentes. Vous pourrez aussi bien y aller à la bourrin, en fonçant dans le tas, ou bien choisir l'infiltration. Je dois dire que cette dernière option est vite devenue ma préférée, car elle est la plus efficace. Mon infiltrateur, équipé d'un proxy hacker et d'un camouflage thermo-optique, a vite été capable d'ouvrir toutes les portes et de se faufiler partout. 

Dans ses meilleurs moments, Satellite Reign vous fait vivre de vraies scènes de films : l'infiltrateur est au coeur du quartier ennemi, en approche des bureaux d'où il doit extraire un agent double, les gardes ne se doutent de rien. Mais soudain, il est repéré par un stupide drone et tout votre plan tombe à l'eau ! C'est alors que le jeu commence vraiment, quand il faut improviser pour le faire échapper à toutes les patrouilles qui lui tombent dessus à vitesse accélérée. Et c'est là qu'on remercie ces conduits d'aération qui, comme dans les films, permettent d'aller partout !... Puis, ce sera le moment de lancer le plan B, en faisant un détour par les rampes en hauteur, et peu après le plan C quand une caméra vous aura encore "grillé" et que les unités mécaniques se lancent après vous ! Et pour finir cette extraction en urgence, rien de tel que d'envoyer le reste de l'équipe à l'entrée, avec les gatlings pour arroser dans tous les sens lors d'une sortie épique ! Et là, on se dit que l'esprit de Syndicate Wars n'est pas mort !

J'ai particulièrement apprécié l'hôpital psychiatrique de la dernière zone, avec son côté "asile d'Arkham" et ses chemins dans tous les sens, qui m'ont permis des extractions de prisonniers pour le moins acrobatiques, passant d'un chemin de ronde à un ascenseur, puis d'une cour mal surveillée à une ruelle sombre, et pour finir, d'un coup de tyrolienne dans une arrière-cour sordide... Un plan parfait !

[JV] Satellite Reign

Les points faibles du jeu, hélas, ne sont pas négligeables. D'abord, l'IA des ennemis est assez limitée. Une fois qu'on a compris leurs défauts, il sera facile de les gruger. Après un affrontement sanglant, il suffira de se cacher un moment pour qu'ils arrêtent de vous chercher et reprennent leurs patrouilles comme si de rien n'était. On se croirait, hélas, encore en 1996... Second point qui nous renvoie là aussi au siècle dernier : la maniabilité des agents, parfois hasardeuse. On pouvait attendre nettement mieux en 2014... Autre grand regret : impossible d'utiliser des voitures ou des moyens de transport ! Alors que c'était tout le charme des deux Syndicate...

La trame de fond de l'histoire n'est pas très fouillée. Ce sera un peu au joueur de se faire son film en choisissant l'ordre des missions et en faisant travailler son imagination, pour oublier en même temps le caractère assez répétitif des objectifs.

Malgré des côtés très pros, Satellite Reign souffre donc encore de plusieurs défauts. Il nous renvoie parfois, pour le meilleur mais parfois aussi pour le pire, vingt en arrière. On peut le voir comme le successeur de Syndicate Wars qui a mis trop de temps à arriver. Mais l'effet nostalgie n'en est pas le principal intérêt, de toute façon. C'est d'abord un très bon jeu d'action et d'infiltration qui, malgré ses défauts, offre des heures de jeu vraiment palpitantes. 

La nature, c'est surfait : des arbres en hologramme, c'est bien mieux.

La nature, c'est surfait : des arbres en hologramme, c'est bien mieux.

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