Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Laura

par rahsaan 30 Août 2015, 19:10

(1944, d'Otto Preminger)

(1944, d'Otto Preminger)

L’inspecteur McPherson enquête sur la mort de Laura, jeune publicitaire vedette de New-York. Parmi les suspects, un chroniqueur mondain, le fiancé de Laura et la tante de celle-ci. En découvrant le portrait de la morte dans son appartement, il se prend de fascination pour elle…

Une merveille du film noir, sur une passion qui tient de l'envoûtement, presque de l'hallucination. Les éclairages sont de toute beauté : soignés et raffinés pour éclairer les appartements cossus surchargés de décoration (un monde de miroirs et de faux-semblants), ils sont au contraire faits de violents contrastes de blanc et de noir,dignes de l’expressionnisme allemand quand Preminger veut montrer les tourments des personnages et révéler leur face obscure : dans la scène où l'inspecteur retrouve son collègue qui écoute l'appartement ou dans ce plan, à la fin du film, quand le coupable est en haut de l'escalier, avec sa grande ombre projetée sur le mur.

Toutefois la vraie Laura n’est peut-être pas à la hauteur de son envoûtant portrait. On aurait pu attendre une brune fatale à la Marlène Dietrich (qui avait postulé pour le rôle). Elle n’est pas la créature de légende que le spectateur pourrait fantasmer par l’intermédiaire du détective, , elle est plutôt une jeune femme vive et sympathique.

 

Détail anecdotique mais amusant : l'inspecteur qui joue avec son petit jeu de base-ball pour se calmer et se concentrer, qui montre un esprit minutieux. Si l'action se déroulait de nos jours, il ferait une partie de Candy Crush sur son smartphone !

Laura

 

Laura constitue le début de l’âge d’or de la carrière de Preminger, qui se poursuit avec des classiques comme Mark Dixon détective (1950) puis Un si doux visage (1952) et Anatomie d’un meurtre (1958). Tempête à Washington (1962) est encore un très bon film, mais Preminger passe du genre tragique qu’est le film noir au drame politique ; de sorte que si l’intrigue gagne en complexité et en réalisme, son œuvre y perd en intensité. Tout simplement, la magie n’y est plus : la simplicité de la confrontation tragique entre l’amour et la haine laisse place à l’ambiguïté des motivations, aux tricheries, aux conflits sans grâce de la politique.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

commentaires

Haut de page