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Dark City

24 Novembre 2015, 11:30 Neon City

(1998, d'Alex Proyas)

(1998, d'Alex Proyas)

n homme se réveille en sursaut, dans une baignoire vide, une vieille ampoule oscillant au-dessus de lui... Il ne se souvient pas d'où il est. Il sort de l'immeuble et découvre une cité obscure, gigantesque, labyrinthique. Il est bientôt pris en chasse par des humanoïdes blafards vêtus de longs manteaux noirs...

 

Dark City est pour moi un de ces films cultes, inoubliables, qui feront toujours partie de mon imaginaire, comme Gattaca ou Ghost in the Shell. Des films trop rares, assez imprévisibles, dont on se dit qu'ils offrent ce que le cinéma devrait toujours offrir : un imaginaire, une atmosphère, un univers.

 

Dark City a été souvent comparé, dès 1999, à Matrix et on a très tôt accusé le second d'avoir plagié le premier. Or le script des Wachowski était prêt avant la sortie du film de Proyas, quoique ce dernier ait vendu à la production de Matrix des décors de son film après le tournage. On peut constater qu'il y a de grandes ressemblances entre les deux films, mais il me paraît un peu vain d'accuser l'un d'avoir copié l'autre. 

Les deux oeuvres se rapprochent par leur mélange d'architecture futuriste et d'esthétique de film noir. Matrix me semble supérieur en tant que film d'action et pour son postulat de science-fiction, plus audacieux, plus radical que celui de Dark City. En revanche, Dark City est supérieur visuellement : c'est la "cité obscure" (pour reprendre le titre des albums de Schuitten et Peeters) la véritable héroïne. C'est une oeuvre qui frappe directement l'imagination et dont l'atmosphère reste comme collée à l'esprit, avec sa saleté très stylisée, son architecture sombre et gothique, sa noirceur de film noir éternel. Et c'est bien ce genre d'expérience que l'on demande au cinéma, malgré par ailleurs les quelques faiblesses de l'histoire [spoiler] je trouve l'idée du rayon mental à syntoniser un peu ridicule, trop explicatif, et la fin, quand le héros devient une sorte de Christ des machines, assez kitsch.

Matrix a davantage marqué son temps alors que Dark City incarne à mes yeux une puissance plus intemporelle du septième art. Avec ses décors rétro-futuriste, il est aussi un film fin de siècle alors que Matrix marque un début de millénaire, l'ère de la froideur numérique.

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