Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

The Getaway (Guet-apens)

6 Décembre 2015, 11:44

(1972, de Sam Peckinpah)

(1972, de Sam Peckinpah)

"Doc" McCoy sort de prison - accepte un boulot - qui est un braquage - normalement sans risque - et qui rapporte gros - mais ça va tourner mal - à cause d'un complice incompétent - et les commanditaires vont se retourner contre le héros.

 

Jusqu'ici, le générateur automatique de films de braquage tourne à plein régime. Tout le début respecte à la lettre près les codes du genre. Et c'est même trop. Avec son art consommé du sarcasme, Roger Ebert écrit : "On a déjà vu ce numéro dans une dizaine d'autres films : on sait en effet qu'un braquage de banque ne se fera pas sans avoir pris des centaines de photos de sa façade au téléobjectif. McQueen et MacGraw louent donc une chambre de l'autre côté de la rue et -alors que n'importe qui pourrait les voir à leur fenêtre- prennent lesdites photos. McQueen dit des choses comme : "Le garde entre dans la banque à 8h59, une minute en avance" et MacGraw note cette info sur son carnet. Et alors, si demain le garde arrive à 9h01, avec une minute de retard ?" (trad. personnelle). 

(On peut penser aussi à la parodie géniale qui est faite dans Astérix et le chaudron, quand les deux Gaulois surveillent la banque romaine !)

 

Après cette première partie "film de braquage", la chasse va prendre un tour plus imprévu, et moins sérieux. La scène où les héros se retrouvent dans une décharge vire quasiment au burlesque avec ses héros réconciliés qui ressortent de là, couverts d'ordures de la tête aux pieds, sur fond de musique romantique. Tout le segment d'histoire autour du pitoyable chirurgien qui va être obligé de voir sa femme (consentante) coucher avec le truand, tient presque du grotesque. Il y a des scènes comme cela dans certains Simenon, avec un pauvre type qui, confronté à une force de la nature, va se retrouver totalement soumis et humilié.

Mais le film est avant tout un "véhicule" pour Steve McQueen, qui a une sacrée classe quand il dégomme les voitures de flics au fusil à pompe ! The Getaway commence en fait comme un film de braquage, continue comme un road-movie et devient presque un western sur la fin. Il n'est pas sans défaut mais il est solidement bâti. Il me fait penser à ces grosses voitures beiges qu'on voit dans tous les films américains des années 70 : solides, faites pour rouler mais tout de même très datées.

 

commentaires

Haut de page