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To Live and Die in L.A.

22 Mai 2016, 10:06 Neon City Police partout justice nulle part

(1985, de William Friedkin)

(1985, de William Friedkin)

Un agent fédéral cherche à venger la mort de son partenaire, tué par un faux-monnayeur. Ne reculant devant aucun moyen, il se lance dans une quête obsessionnelle qui va déchaîner un torrent de violence...

 

 

Sanglant, noir, parfois à la limite de l'hallucination, éclaboussant régulièrement le spectateur de ses lumières au néon, To Live and Die in L.A. nous peint la métropole de la côte ouest comme la cité du vice. GTA et Hotline Miami ont su où trouver l'inspiration ! Dès les dix premières minutes du film, deux répliques cultes tombent : "I'm getting too old for this shit" et "You're at the wrong place at the wrong place". Mais c'est trois ans avant L'arme fatale et Piège de cristal !

 

Le film met déjà en place tous les codes du film policier des années 80 : l'histoire du flic qui ne respecte pas le règlement et qui rend sa propre forme de justice, secondé par son coéquipier qui cherche à le modérer mais qu'il va convertir à ses méthodes jusqu'au-boutistes. Seulement, il renverse totalement ces codes. 

Comme le note un critique d'IMDb dans un excellent billet : 

 

David Mamet a expliqué un jour la différence entre l'art et le divertissement. Le divertissement, disait-il, te conforte dans ce que tu sais déjà. L'art, au contraire, suggère que tes croyances pourraient être fausses [...]
Regarder la série L'arme fatale, ou n'importe quel film avec Schwarzenegger, Stallone ou Steven Seagal, fait croire que quand les flics appliquent la loi à leur façon, on va bien se marrer. Notez que quels que soient les dégâts provoqués par Riggs et Murtaugh, ils pourront toujours en rire après coup avec leur capitaine, et le monde s'en portera toujours mieux. [...]
To Live and Die in L.A. montre ce qui se passerait si Riggs et Murtaugh essayaient leurs pitreries dans la vraie vie. (traduction perso)

IMDb

Face à William Petersen (Manhunter), Willem Dafoe est excellent, dans un rôle de méchant proche de celui qu'il tenait un an plus tôt dans Streets of Fire : une sorte de démon de la luxure, bisexuel et d'allure androgyne. Qui plus est, à force de chasser un faussaire, notre flic finit par lui ressembler dangereusement : lui aussi triche et truque, dans l'exploitation cynique de son indic, la manipulation de son partenaire ou ses mensonges à la hiérarchie. Rapidement, on ne sait même plus s'il cherche une forme de justice ou seulement l'excitation de la violence, comme on le voit lors de la poursuite en voiture. 

 

Morceau de maître du film, cette poursuite tient autant de Michael Mann que de Sam Peckinpah : elle démarre plein pot sur des canaux de retenue d'inondation, devient franchement stressante quand on voit des types débouler de partout et de nulle part, armés de leurs fusils automatiques, que le flic à l'arrière se met à flipper. Mais c'est quand le héros se retrouve coincé, qu'il voit la bretelle en sens interdit, s'engage contre la circulation et qu'on aperçoit d'un coup en vue subjective les deux voies de bagnoles qui arrivent sur lui, qu'on a soudain ce frisson des vraies bonnes scènes de cinéma !

 

Le héros recherche ce danger extrême pour vivre plus intensément que jamais dans la proximité de la mort. Autant dire que servir la loi et la justice est loin d'être sa préoccupation première...

Et avec un héros pareil, William Friedkin, avant même l'éclosion du genre, a réussi le premier anti-buddy movie.

To Live and Die in L.A.

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