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Forbidden Planet (Planète interdite)

31 Mai 2016, 22:00

(1956, de Fred McLeod Wilcox)

(1956, de Fred McLeod Wilcox)

Au 23ème siècle, l'humanité a découvert comment voyager dans l'espace à la vitesse de la lumière. Un vaisseau des Planètes Unies a quitté la Terre pour la lointaine planète Altaïr, à la recherche de l'équipage de la mission précédente, disparue vingt ans plus tôt...

 

Tout dans le film fait très daté : les décors peints, les costumes, le jeu d'acteur un peu trop "raide" (encore que cela change agréablement des films actuels comme Seul sur Mars où il faut en permanence des personnages cool qui balancent des punchlines et des vannes), le robot, ainsi que la musique électronique, alors qu'à l'époque, le film était, sur pratiquement tous ces points, à l'avant-garde. Il est étonnant de savoir que la bande-son électronique n'a pu être reconnue à l'époque comme de la véritable musique, alors qu'elle était en fait en avance de dix ou vingt ans sur son temps. Quant au robot, on peut penser qu'il a plus de personnalité que la plupart des membres d'équipage... Les chefs-d'oeuvre sont ainsi souvent faits que dans une forme conventionnelle, voire vieillie, ils parviennent à faire jaillir quelque chose de totalement nouveau. C'est pourquoi en apparence, Planète interdite ressemble à d'autres séries B de la même époque, alors même qu'il les dépasse totalement.

 

C'est sans doute le privilège des grands films de ne pas vieillir, de ne jamais devenir complètement kitschs quand ils sont réussis. Planète interdite reste un voyage fascinant vers un autre monde, et suscite le sentiment de l'inconnu, du dépaysement, et de la présence très lovecraftienne de puissances destructrices logées au fin fond du monde (le labyrinthe gigantesque des installations souterraines), ou de la psyché humaine (les tourments du docteur Morbius). Il est très réussi parce que comme tous les bons films de science-fiction, il utilise l'imaginaire et la technologie au service de questionnements sur l'homme (ce que ne réussit jamais à faire Prometheus par exemple, alors que sur bien des points, son thème est similaire). Même à l'autre bout de la galaxie, l'homme reste toujours défini par ses émotions, ses sentiments et sa capacité à agir face à l'univers et face à lui-même.

Ici, la démesure des machines de l'ancienne civilisation rivalise avec la jalousie démesurée d'un père qui ne peut abandonner sa fille, et les deux sont aussi destructrices. Et tant que l'homme existe, ce genre d'interrogations sur ce qu'il utilise et qui peut le détruire (ses machines ou son esprit), cela ne peut pas vieillir.

 

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