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Jason Bourne

12 Août 2016, 23:09

(2016, de Paul Greengrass)

(2016, de Paul Greengrass)

Disparu depuis dix ans, Jason Bourne n'en a toujours pas fini avec les douloureux souvenirs de son passé. Contacté par son ancienne alliée Nicky Parsons, il se lance dans une nouvelle course-poursuite contre la CIA, pour mettre fin à un nouveau projet d'assassins et faire la lumière sur l'origine de son propre engagement dans les services secrets.

 

En 2007, Matt Damon avait déclaré que le n°3, The Bourne Ultimatum, marquerait sa dernière incarnation de l'agent amnésique : "On a poussé cette monture aussi loin que possible" ("We have ridden that horse as far as we can"). Il faut croire que ledit cheval en avait encore sous le sabot, car le revoilà pour quasiment deux heures de course non-stop. Matt Damon marche, trotte, avance en petite foulée, court et cravache autant qu'il peut. Il incarne pourtant un homme plus que jamais marqué par la vie et les épreuves. Jason Bourne avait encore une fraîcheur juvénile dans le n°1, maintenant perdue pour de bon, alors que les cicatrices ne guérissent plus si vite et que les premiers cheveux gris apparaissent. 

 

La première course-poursuite dans Athènes est très bien. Elle monte petit à petit en régime et elle est très très bien menée. Excellent décor de la capitale grecque la nuit, livrée au chaos et aux flammes de violentes manifestations anti-austérité. La seconde poursuite, dans Las Vegas, m'a moins intéressé ; c'était trop attendu et à ce moment de l'histoire, l'intérêt dramatique est déjà retombé. IMDb annonce 170 voitures détruites, et on peut le croire volontiers, mais j'ai seulement eu l'impression d'assister à un gros destruction derby sans suspens. Pourtant, il y a indéniablement du savoir-faire ; seulement, cette poursuite est trop bien "réglée". De plus, il est difficile de suivre cette réalisation à la shaky-cam et au montage ultra-rapide comme il y a dix ans.

 

Le scénario tend un peu à se décentrer du destin du seul Jason Bourne, pour développer une intrigue autour de la surveillance généralisée sur les réseaux sociaux. Et on peut sentir que, quoi qu'il fasse, Bourne ne pourra pas lutter contre l'empire immatériel des big-datas. Et c'est pourquoi le personnage joué par la ravissante Alicia Vikander est peut-être le premier vraiment ambigu de la série, ce qui est un gros atout. Toute l'intrigue bâtie autour d'elle est prenante (davantage même que la quête des origines de Jason Bourne). Tantôt glaciale, tantôt empathique, intelligemment calculatrice dans les deux cas, la redoutable Heather Lee méritera bien de réapparaître dans de prochains opus (un second avec le personnage de Jeremy Renner est déjà prévu). 

En revanche, pas de surprise concernant Vincent Cassel : il n'a toujours aucun charme, il joue mal, il parle "faux" (comme d'autres chantent faux), bref, je ne comprends toujours pas ce qu'on lui trouve. Quand j'ai vu que c'était lui le méchant, j'ai poussé un soupir de lassitude. 

 

En tant que fan de la trilogie, je ne pouvais qu'être circonspect devant cette énième suite de raccro. Au total, je la trouve aussi bien que peut être ce genre de films qui n'ont pas lieu d'être au départ, c'est à dire inégale mais pas non plus décevante. Disons que c'est juste de la gourmandise pour fans et qu'il faut l'assumer comme tel. 

 

Jason Bourne

J'ai remarqué que plusieurs éléments relient ce Bourne n°5 avec Ocean's 13 de Steven Soderbergh (2007) : les deux se passent à Las Vegas, Matt Damon est un des héros, Vincent Cassel joue le méchant. De plus, dans les deux cas, il y est question [spoiler] du père du personnage de Damon. Ensuite, une courte séquence d'Ocean's 13 parodiait explicitement la franchise Bourne (le 3 est sorti la même année) : vers les deux tiers du film, on voit Matt Damon qui téléphone, très pressé, à un de ses contacts. Soderbergh le film à ce moment là dans une sorte de tremblé accéléré, avec des couleurs bleu-vert-gris typiques de Paul Greengrass. 

Et pour finir, on peut noter que Bourne 5 tout autant qu'Ocean's 13 appartient au genre des suites pas franchement utiles ! 

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