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L'armée des ombres

9 Septembre 2016, 10:15

(1969, de Jean-Pierre Melville)

(1969, de Jean-Pierre Melville)

L'armée des ombres est un de ces films dont ne peut oublier l'ambiance : cette froideur permanente des paysages, qui reflète celle des nazis autant que des résistats, impitoyables entre eux, soit par sadisme (le nazi qui fait courir les prisonniers) soit par nécessité vitale (les résistants qui doivent exécuter le jeune résistant soupçonné d'avoir parlé). Melville crée le malaise en montrant la proximité des soldats des deux bords : les causes sont opposées, mais les moyens se ressemblent. Melville nous entraîne dans une zone gris-noir où les oppresseurs et les résistants sont menacées de la même deshumanisation. Néanmoins, les bourreaux et les victimes ne se confondent pas totalement. On ne peut confondre la cruauté des nazis et le choix que font les résistants de tuer le personnage de Simone Signoret, avec son consentement tacite, pour éviter à celle-ci de faire un choix tragique. Dans ce dernier cas, il reste encore une étincelle de compassion et d'humanité.

Le plan des soldats allemands sur la place de l'Etoile est perturbant, tant il est rare qu'on montre directement l'occupant sur ce lieu symbolique entre tous de Paris. Au milieu de ces ténèbres, la quasi-apparition de De Gaulle fait figure d'espoir quasi-christique : lui seul apparaît comme le sauveur possible de la France occupée. 

Et en plus d'être un film de guerre et un témoignage sur le monde de la résistance, L'armée des ombres est aussi un très grand film d'espionnage et de suspens.

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