Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Blade Runner

22 Octobre 2016, 09:51 Neon City

(1982, de Ridley Scott)

(1982, de Ridley Scott)

Dans le Los Angeles de 2019 (ça approche !), Rick Deckard est un policier spécialisé dans la traque des Réplicants, humanoïdes artificiels employés comme ouvriers dans les stations minières spatiales. Plusieurs d'entre eux se sont rebellés, ont détruit leur colonie et se sont introduits dans la mégalopole...

Avant tout, Blade Runner marque l'esprit par son esthétique éblouissante, l'une des plus grosses influences de toute la culture populaire : cinéma d'anticipation, jeux vidéos, bande-dessinées, cosplay etc. On peut même dire que les mégalopoles occidentales ressemblent de plus en plus à ce qu'a mis en scène Ridley Scott, sans qu'on ne sache plus bien désormais qui, entre le cinéma et la réalité, s'inspire de qui. Même le logo d'Atari, si anachronique, est iconique, sans parler de la geisha sur l'écran géant. Comment aujourd'hui parcourir (ou même voir en images) New-York, Tokyo ou le quartier chinois d'une grande métropole sans avoir l'air de Blade Runner Blues de Vangelis ? 

J'ai noté aussi dans ce film, toujours pour son côté visuel, la première occurrence d'une scène, celle de la créature tuant son créateur (ou le fils son père) dans un décor ocre, qui se retrouve presque à l'identique dans deux autres Ridley Scott, Black Rain et Gladiator

 

Sans cette réussite visuelle, le film serait resté au statut de petit film culte à mon avis, mais il n'aurait pas autant marqué l'imaginaire contemporain. Les autres éléments du film ne sont pas aussi réussis. Les acteurs ne sont pas mémorables dans leurs rôles, le meilleur étant selon moi Joe Turkel, avec son allure d'avorton et ses grosses lunettes qui lui donnent l'air d'un insecte, et derrière qui on n'aura peut-être pas reconnu l'acteur qui jouait le barman qui ne cligne jamais des yeux dans Shining

Les personnages eux-mêmes manquent de profondeur et semblent valoir comme partie des décors urbains pluvieux de cette décadence splendide. Ni Harrisson Ford ni Sean Young, l'actrice qui joue Rachel, ne dégagent un charisme fou. Rutger Hauer est correct mais transcendé par un personnage plus complexe qu'il n'y paraît. Le look des personnages passe en fait avant leur personnalité. Je pense notamment à JF Sebastian avec sa tête de vieil enfant, et tout son bazar de machines burlesques. 

Daniel Murray sur DeviantArt (http://danielmurrayart.deviantart.com/gallery/51578886/Blade-Runner)

Daniel Murray sur DeviantArt (http://danielmurrayart.deviantart.com/gallery/51578886/Blade-Runner)

Il y a bien sûr dans le film un arrière-plan métaphysique sur la spécificité de l'homme par rapport à la machine. Le nom du héros, Deckard, renvoie à Descartes et ses thèses sur l'homme comme union d'une âme et d'un corps. Mais nous sommes au cinéma, pas dans la philosophie, et ce qui fait la spécificité de l'homme selon le film, est la capacité à ressentir des émotions, de l'empathie et à accepter cette fragilité essentielle qui nous lie les uns aux autres (c'est du moins comme cela que je comprends le monologue final). Mais Ridley Scott n'a pas voulu écrire une thèse sur le sujet. Il a en revanche trouvé une très bonne idée pour la mettre en scène, celle de l'évocation [spoiler] des larmes sous la pluie, qui contraste avec la cruauté impitoyable du Réplicant jusque là, et qui renvoie du même coup à celles des hommes qui les traquent.

 

Ce qui a le plus fait parler de ce film est la théorie selon laquelle Deckard est lui aussi un réplicant. C'est à croire que qu'Internet ne s'est développé que pour discuter sans fin de ce genre de sujets ! Car s'il y a quelque chose que l'humanité du 21ème siècle aime autant sinon plus que le foot, le porno et les vidéos de chats, ce sont les théories de fan sur Matrix ou la fin d'Inception ! Quant à la nature réelle de Deckard, Ridley Scott a lui-même déjà tranché la question dans une vidéo mise en ligne en 2006 (à croire, là encore, que Youtube n'a été inventé que pour ça !), dans le sens qui me paraît le plus intéressant, ne serait-ce que d'un point de vue cinématographique, l'indice le plus probant étant visuel. 

commentaires

Tietie007 16/11/2016 19:35

Vu à sa sortie en salle ...une esthétique unique.

Haut de page