Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

The Big Lebowski

9 Juillet 2017, 20:05

(1998, de Joel et Ethan Coen)

(1998, de Joel et Ethan Coen)

Jeff Lebowski, alias The Dude ("le mec" ou "le gars") est un sympathique fainéant. Un soir, il est agressé par deux truands, qui l'ont pris pour un homonyme, un milliardaire endetté. Embarqué dans une histoire d'enlèvement et de rançon, totalement dépassé par la situation, le Dude va surtout jouer au bowling avec ses amis et résoudre finalement l'imbroglio sans le vouloir. 

 

La grande réussite de ce film est d'être très cohérent dans le n'importe quoi. Quel réalisateur pourrait se vanter d'avoir mis Saddam Hussein en chaussures de bowling dans son film et que cela ne choque pas outre mesure ? Aucun fan de ce film ne l'aime son intrigue, totalement téléphonée, version loufoque de certains films noirs jouant sur la substitution d'identité. Ce qu'on retient, ce sont des scènes et des répliques : le plan de Jésus qui arrive au ralenti en léchant sa boule de bowling, l'artiste qui fait de la peinture vaginale sur rail au plafond, les nihilistes allemands, le patron de Playboy etc. Les frères Coen nous emmènent dans un univers kitsch, où rien n'est sérieux, un peu comme une soirée au bowling entre joueurs débutants qui se marrent de toujours finir dans la gouttière.

Les deux réalisateurs réussissent à faire un film totalement "gratuit", sur un personnage de loser légendaire, et à nous rendre tout ce petit monde attachant, en étant toujours au bord de la folie et du psychédélique, comme le personnage du vétéran du Vietnam. En fait, The Big Lebowski est un de ces films où rien n'est exceptionnel indivuellement (ni les personnages, ni le scénario, ni la BO etc.) mais où l'ensemble "prend" bien. Les personnages sont juste assez lunatiques pour faire rire sans déplaire et les situations assez amusantes pour que leur invraisemblance ne fasse pas lever les yeux au ciel. 

Ce qui serait des défauts quasiment redhibitoires dans d'autres films devient ici des qualités : et il faut sans doute beaucoup de rigueur pour parvenir à donner le sentiment de la désinvolture. La résolution de l'intrigue du rapt est plus construite qu'il n'y paraît, par exemple. La fin est soudain plus sérieuse et laisse percevoir des émotions sincères (ce que dans le jargon de TV Tropes, on appelle "mood whiplash") et on sent qu'il est temps que le film s'arrête. 

Finalement, The Big Lebwoski prouve bien qu'un film peut être culte sans être un chef-d'oeuvre.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

commentaires

Haut de page