Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Valérian et la cité des mille planètes

29 Juillet 2017, 14:00

(2017, de Luc Besson)

(2017, de Luc Besson)

En 2740, la cité spatiale Alpha regroupe des milliers d'espèces intergalactiques. La fédération humaine découvre au coeur de la cité une zone touchée par une contamination mystérieuse. Les agents fédéraux Valérian et Laureline sont chargés de découvrir l'origine de ce mal qui menace de tout détruire...

 

 

Il était certainement impossible d'adapter en un seul film une oeuvre comme Valérian, agent spatio-temporel. Mais passe encore, le film n'avait pas besoin d'être à la hauteur de la BD pour être réussi, ni de lui être fidèle : ce qui est le cas, puisque de la BD, on ne retrouve guère que le transmuteur de Bluxte et les trois espions Shingouz (dont les noms ont été changés). Besson a acheté le nom d'une franchise à succès et ensuite, il a fait ce qu'il voulait. Pourquoi pas, mais c'est assez largement raté. Besson a voulu faire son Georges Lucas de la prélogie Star Wars, tout écrire et réaliser, et voilà le résultat... 

 

Après une séquence d'ouverture bien pensée, qui nous raconte comment l'actuelle station spatiale internationale est devenue la gigantesque cité Alpha, il n'y a plus une scène manifestant une quelconque originalité. Le dernier plan est aussi une bonne idée (nos deux héros dans le module Discovery de 2005), mais entre les deux, c'est à la fois l'orgie visuelle et le vide dans l'histoire.

Besson a fait comme d'habitude une bessonade, comme on fait une salade, une énorme bessonade composée, un Cinquième élément en plus gros. Comme l'écrit très justement Numerama.com :  « La faiblesse de l’exposition assez manifeste du manque d’enjeux du film ne fait qu’annoncer l’ennui à venir. Ainsi, visage poupon et carrure de prépubère, DeHaan nous explique être un « bad boy » qui enchaîne les conquêtes et a peur de s’engager - c’est déjà très inventif... - mais en fait, à l’écran, on observe sans y croire ce petit bout qui s’active sans jamais camper son rôle, dénué d’aspérités et miné par des dialogues d’une débilité ahurissante. Bad boy ce petit blanc-bec incapable de trouver le moindre atome crochu avec sa partenaire ? Il serait temps de réviser son Han Solo... »

 

Face à eux, Clive Owen a un rôle de méchant insipide et pas bien dangereux. Ils auront globalement la partie facile ; et Valérian pourra passer tout le film à demander Laureline en mariage. 

 

Le film frôle même au début le véritable navet : la séquence sur la plage dégouline de niaiserie ; les effets numériques, les couleurs et les costumes de la séquence de désert font affreusement série Z. Par la suite, on passe d'une ambiance de parc d'attraction à celle d'un jeu vidéo très lambda. Luc Besson a un train de retard : il n'a pas compris que le tout-numérique est un non-sens esthétique (contrairement à Star Wars 7 et d'autres qui ont réintroduit les maquettes). Tout fait artificiel et on plaint une fois de plus ces acteurs qui ont dû passer des semaines devant un écran bleu ou vert.  

 

ll n'y a pas une ligne de dialogue qui n'ait entendu mille fois : l'amour vaut mieux que la loi, et "tout le monde fait des erreurs", et "nous devons les sauver", "j'ai un mauvais pressentiment", et les "do you trust me ?" toutes les dix minutes. C'est une constante de blockbuster : si on y regarde bien, on voit que les héros du genre ne veulent pas d'abord sauver le monde, ni faire la justice ni trouver l'amour ; en réalité, ils veulent juste de la confiance !
 

Iil n'y a pas un moment vraiment sympa, ou prenant, ou intéressant -à part, soyons honnête, le numéro de pole dance de Rihanna, et peut-être la séquence du sous-marin, avec son côté rétro-futur à la Jeunet. Le problème n'est pas que Besson ait voulu nous faire partager ses "fantasmes" (pour le dire vite), car les plus grands auteurs ne font pas autre chose, mais que ses "fantasmes" soient toujours ceux d'un post-adolescent passablement niais, avec des sentiments gros comme ça, et qui veut juste s'"éclater". Il y a quelques bonnes idées dans les décors de la station et les costumes extraterrestres, mais tout va trop vite pour qu'on ait le temps de s'y intéresser. Rien de plus crispant qu'un film raté. Valérian, c'est 200 millions d'euros de budget, pour aboutir à un un film 2/3 nanar regardable et 1/3 navet pénible...

commentaires

Haut de page