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Star Wars : The Rise of Skywalker

17 Février 2020, 12:36

(2019, de J.J. Abrams)

(2019, de J.J. Abrams)

Un an après avoir échappé à la flotte du Premier Ordre, les Rebelles continuent leur combat. Mais ils apprennent qu'une très vieille menace serait de retour, avec une gigantesque armada de Destroyers stellaires, capables de détruire toute la galaxie : le Dernier Ordre !

 

J'ai vu le film dès sa sortie, mais il m'a fallu du temps avant de faire cet article, comme si j'avais été assommé par ce ratage complet. C'est peu de dire que c'est une déception. 

 

D'abord, on retrouve, comme dans Star Trek Into Darkness, les travers de J.J. Abrams : un montage trop rapide, des péripéties qui s'enchaînent sans répit ni repos, des lumières de partout, des scènes d'actions compressées comme des passagers de RER un jour de grève. Le début repose sur une intrigue inutilement compliquée, où les héros cherchent à s'emparer d'une boussole indiquant la localisation de la planète d'origine des Sith. S'ajoute à cela une dague ancienne indiquant elle-même un certain endroit etc. Mais c'est le spectateur qui finit déboussolé ! 

 

Visuellement, les décors sont souvent réussis et donnent une impression de gigantisme comme on en attend dans Star Wars : l'épave de la seconde Etoile de la Mort, décor à la fois épique et sinistre ; l'immense roche sur la planète des Siths avec la lumière rasante en-dessous ; ou encore le temple et son amphithéâtre rempli de milliers d'esprit des ténèbres. J'ai bien aimé aussi le casque reconstruit de Kylo Ren, à la façon du kintsugi japonais

 

Abrams a un certain talent, mais s'emploi à le gâcher en étant négligent -c'est peu dire- sur le scénario et l'intrigue. Par exemple, dans le feu de l'action, on apprend que Leïa est elle-même une Jedi. Alors pourquoi Rey est-elle allée retrouver Luke ? Pourquoi n'avoir pas commencé son entraînement avec Leïa ?

 

/!\ SPOILERS A SUIVRE /!\

Star Wars : The Rise of Skywalker

Le pire est annoncé à la première ligne du texte déroulant : la résurrection de Palpatine ! 

 

Son retour était déjà une mauvaise idée : l'idée sort de nulle part, rien ne la préparait dans les épisodes précédents. Le reste est une accumulation d'invraisemblances : pourquoi avoir créé Snoke au lieu de régner lui-même sur le Premier Ordre ? S'il a déjà une flotte de prête, pourquoi n'a-t-il pas envahi la galaxie plus tôt ?

 

Mais le pire du pire est d'avoir imaginé que Rey soit la petite-fille de Palpatine. C'est peut-être l'idée la plus stupide de toute la saga. Car l'équipe de Disney n'a pas réfléchi trois minutes à ce que cela impliquait : que Palpatine ait eu un jour une femme et des enfants ! Or, Palpatine est la dernière personne de la galaxie que l'on verrait avec une progéniture. Cela ne colle pas du tout avec le personnage. On sait qu'il a tué son maître Plagueis, et on peut imaginer qu'il avait déjà fait pareil avec sa propre famille. Palpatine ne vit que pour lui-même et pour sa seule ambition démesurée, régner sur la galaxie. Il ne peut pas avoir d'autre motivation. Il ne peut pas un jour avoir désiré des enfants, encore moins les avoir élevés : « Bernard, mange ta soupe ou bien papa va lancer les éclairs de Force ! » 

 

Bien sûr, même les tyrans veulent une descendance, comme pour se succéder à eux-mêmes. Mais dans le cas de Palpatine, cela n'est pas crédible, car il cherche -comme tous les Sith- le secret de l'immortalité. Si on échappe à la mort, pas besoin de descendance. On aperçoit brièvement son fils dans un flash-back, et il a l'air d'un humain assez normal. Mais comment est-ce possible d'être quelqu'un de normal, quand on a été élevé par une incarnation de la méchanceté comme Palpatine ?

L'Empereur cloné s'en donne donc à cœur joie et Ian McDarmid peut surjouer tout à son aise, encore plus que dans l'épisode III, où il en faisait déjà des tonnes une fois la vraie nature du Chancelier révélée. 

Star Wars : The Rise of Skywalker

JJ Abrams en a trop fait à tous les niveaux. Il en aurait fallu moins, en fait. L'épisode V constitue pour cela un modèle, car l'histoire est très simple à suivre, et s'achève sur une révélation finale qui lui donne après coup sa cohérence : Vader traquait les Rebelles pour faire passer Luke du côté obscur, mais aussi comme un père qui recherche son fils, dans l'espoir de régner avec lui sur la galaxie. On ne s'y attendait pas, mais quand on l'apprend, aussitôt cela semble logique et parfaitement amené. 

Dans cet épisode IX au contraire, les révélations tombent comme un cheveu sur la soupe et ne font qu'ajouter à la confusion.

 

La prélogie avait sur le papier une histoire en or, la chute de la République, mais elle a été très mal réalisée. Cette trilogie est dans l'ensemble bien réalisée, mais l'histoire est bancale, par faute d'une vision d'ensemble : on voit que chaque épisode a été inventé au fur et à mesure. Les producteurs Disney n'ont pas été capable de s'asseoir autour d'une table pour concevoir au départ un ensemble cohérent. 

Les studios qui font du fan service ne comprennent pas que cela ne plaît pas aux fans ! Pour leur plaire, il faut justement tenter des choses nouvelles. Des références et des clins d’œil sont acceptables, quand ils ne constituent pas le cœur du film. Finalement, Disney s'est laissé posséder par l'esprit obscur de Palpatine, sans espoir de retour vers la lumière : ils ne veulent pas passer à autre chose, ils ne veulent que répéter et recopier ce qui a déjà été fait. Ils ont peur d'innover. Par sécurité, ils ont voulu resservir les mêmes intrigues, au prétexte que George Lucas a dit : une saga est comme la poésie, elle doit rimer. Mais rimer n'est pas répéter sans cesse la même rengaine. Stop, arrêtez de nous remontrer ce que l'on a déjà vu ! 

 

La preuve étant que ce sont les nouveaux héros qui s'en sortent le mieux. La relation entre Rey et Kylo est intéressante et présentée de façon assez audacieuse : ils peuvent interagir à distance, et même se battre sans être physiquement l'un en face de l'autre. Briser les limites de l'espace et de l'action, seul le cinéma permet (ce serait sans doute difficile à rendre dans un roman ou au théâtre). 

 

Espérons que la prochaine trilogie oubliera pour de bon la famille Skywalker et nous proposera vraiment de l'inédit. 

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